« Soyons réalistes, demandons l’impossible »
LE 9 OCTOBRE 1967, dans une petite école perdue sur les haut plateaux mourait l’un des plus célèbres guérilleros du XX siècle : Ernesto « Che » Guevara. Traqué depuis des mois par des milliers de soldats boliviens – aidés par des conseillers américains de la CIA –, abandonné par Fidel Castro qu’il avait aidé à prendre le pouvoir à Cuba, trahi par ceux là même qu’il était venu arraché à la misère, ces paysans analphabètes de l’altiplano bolivien, pour qui il rêvait d’ouvrir des écoles dans chaque village, le Che était arrêté, puis exécuté sommairement. Cet asthmatique à la santé fragile, ce médecin argentin au regard de feu que rien ne prédisposait à devenir une figure emblématique de toutes les révoltes contre l’oppression, entrait dans la légende. Il avait trente neuf ans.
Derrière le combattant, l’homme
POUR LES LIVRES D’HISTOIRE, Che Guevara restera un être d’exception, un combattant héroïque et intransigeant, qui aura su aller jusqu’au bout du « sacrifice suprême » en donnant sa vie pour essayer d’améliorer celles des autres. Pourtant, el guerillero heroïco, ce semi dios comme l’appelaient les paysans de la Sierra Maestra, cette figure emblématique de la Révolution cubaine, était avant tout un homme. Avec ses faiblesses, ses interrogations, ses erreurs.
Le Che et les femmes
On a dit parfois que Guevara n’était pas un homme à femmes. Ce qui est partiellement faux. Comme beaucoup d’Argentins, Ernesto aimait les femmes, mais avant tout, il les respectait. Pendant la révolution cubaine, plusieurs femmes se sont jointes aux troupes rebelles. Le Che les a traitées avec la même déférence – et la même rigueur – que les hommes.
C’est d’ailleurs dans les montagnes cubaines qu’il rencontre Aleida March, une jeune institutrice de Santa Clara qui a rejoint la rébellion. Après la victoire, elle deviendra sa seconde femme.
Si Ernesto a impressionné toutes les femmes qui l’ont rencontré, sa seule vraie maîtresse fut la révolution. Et il s’est totalement consumé pour elle.
Le Che et la famille
Bien qu’il ait eu un profond attachement à sa mère, le Che n’avait pas vraiment le sens de la famille. Marié deux fois – tout d’abord à la péruvienne Hilda Gadea, qui lui donnera son premier enfant, une fille née en 1953, Hilda Beatriz, puis à Aleida March, la cubaine dont il aura quatre enfants – le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne fut pas un père exemplaire. Si l’éducation du peuple fut toujours l’une de ses priorités, celle de ses enfants ne le préoccupait pas beaucoup.
En octobre 1966, avant de s’envoler pour la Bolivie, il rend une dernière visite à Aleida et aux enfants qu’il n’a pas revus depuis un an et demi. Il est tellement méconnaissable, avec son maquillage destiné à le faire voyager incognito, que l’aînée des enfants ne le reconnaît pas. Il l’embrasse et la prend sur ses genoux, mais part sans lui avoir révélé sa véritable identité.
Le Che et les prisonniers
Guevara a toujours eu un profond respect pour la vie humaine, même quand il s’agit de celle d’un ennemi (ce point de vue était, semble-t-il partagé par Fidel Castro, du moins à l’époque de la révolution) .Et même si le médecin s’effaçait souvent derrière le combattant, le Che refusait que l’on maltraite les prisonniers.
Après une embuscade dans la Sierra Maestra, le Che reproche violemment à un de ses hommes d’avoir achevé un soldat ennemi. Un autre soldat blessé sort des fourrés en disant : « ne me tuez pas ! Le Che dit qu’on ne tue pas les prisonniers. »
Une autre fois, en Bolivie, il laisse passer un camion ennemi dans lequel deux jeunes soldats somnolent. Il n’a pas eu le courage de les tuer par surprise.
Le Che et la passion des livres
C’est sa mère, Célia, qui lui a donné ses premières leçons de lecture, c’est elle aussi qui l’a initié à la langue française. Dès son plus jeune âge, Ernesto est un « fou » de lecture. A cause de son asthme qu le tient souvent alité, il dévore tout ce qui lui tombe sous la main ; Jules Verne, la poésie de Neruda et de Baudelaire, mais aussi « les Trois Mousquetaires » qu’il lit en version française, alors qu’il vient d’avoir dix ans. Quand à Freud, il commence à se plonger dans la prose du bon docteur à … quatorze ans.
Cette passion des livres ne le lâchera jamais. Pendant ses années combattantes, il aura toujours un livre dans son sac. Et quand on amène au camp de ravitaillement (armes, nourriture, médicaments) ; il y a aussi quelques ouvrages pour el Che. Cruelle ironie du sort. Lui qui a si souvent troqué le fusil contre le tableau noir, finira sa vie dans une salle de classe, criblé de balles.
Le Che et l’humour
Si Che Guevara était un homme rigoureux et intransigeant, il n’était pas ce personnage austère qu’on a dépeint parfois. Au contraire, tous ceux qui l’ont approché rapportent son grand sens de l’humour. Mais un humour pince-sans-rire, teinté souvent d’autodérision.
Après la prise de pouvoir à Cuba, sa santé s’étant beaucoup détériorée, un médecin lui demande de restreindre sa consommation de cigares - qu’il a pris l’habitude de fumer régulièrement pendant ses deux années passées en compagnie des autres barbudos. Le Che s’engage à ne fumer qu’un seul cigare par jour. Le lendemain, il arrive à son bureau avec un cigare d’un mètre de long.
CHE … trois lettres pour un symbole
CHE (prononcer tché) est une interjection qu’on utilise dans certaines régions d’Argentine pour interpeller ses amis. Un peu comme Ho ! ou Hep ! C’est aussi une marque de tutoiement, de complicité.
Ce sont les cubains qu’il a rencontrés à Mexico qui ont donné à Ernesto Guevara ce sobriquet qui deviendra un véritable symbole pour des générations de jeunes épris de liberté.
En janvier 1959, Ernesto est interviewé par un journaliste qui commence ainsi : « Eh bien, Che… » « Pour vous, je suis le commandant Guevara, interrompt l’intéressé. Che, je le réserve à mes compagnons et mes amis. »
L’école de la révolution
LE 14 JUIN 1928, sur une route proche de Buenos Aire, la capitale de l’Argentine, vient au monde Ernesto Guevara de la Serna, qui sera connu plus tard sous le nom de « Che » Guevara. Comme le veut la tradition, il hérite du prénom de son père, mais pour éviter la confusion, on l’appellera Ernestito.
De sa mère, Celia de la Serna de la Llosa – benjamine d’une riche famille de Buenos Aires – il gardera le goût pour la lecture et la langue française. De son père, Ernesto Guevara Lynch, beau jeune homme de vingt sept ans, la prestance et un certain côté bohème.
San Isidro (Argentine), 2 mai 1930
Alors qu’il est sur la plage, attendant patiemment sa mère qui est partie nager, le petit Ernesto prend froid. Dans la nuit, il est victime de sa première crise d’asthme. Jamais cette maladie ne lui laissera de repos. Elle aurait pu lui tracer un destin fait de prudence et de renoncements. Elle va, au contraire, lui donner une rage de vivre et de se surpasser.
Alta Gracia, 1934
La crise économique oblige les Guevara à changer de domicile. La famille s’installe dans un quartier populaire et leur nouvelle demeure (et celles qui suivront) deviendra un lieu d’accueil pour tout ce que la terre comporte de déshérités, une « casa del pueblo».
Alta Gracia, 1935
L’année de ses sept ans, l’administration s’étonne que le jeune Guevara ne soit pas inscrit à l’école. Il y a pourtant plus d’un an que le garçon a appris à lire et à écrire, sous la direction de sa mère. Pourvu d’un inhalateur pour lutter contre les crises d’asthme, Ernesto va donc prendre le chemin de l’école communale.
Alta Gracia, 1937
Quand il ne se bat pas contre les fils de riches ou ne traîne pas avec les « miséreux » de son quartier, Ernesto joue, comme tous les enfants de son âge, à la guerre. Mais la sienne a pour référence celle qui vient de se déclencher en Espagne.
Le jour il dirige des armées républicaines et se bat contre les franquistes. La nuit, il écoute le récit de quelques exilés que sa famille fréquente.
Córdoba, 1946
Impossible pour un asthmatique de courir 80 minutes après un ballon de rugby ? Pour être accepté dans l’équipe locale de rugby, Ernesto doit accomplir un saut, tête la première par-dessus un manche à balais posé sur deux chaises et de se recevoir en roulé-boulé sur une surface en ciment. Ce n’est pas une seule fois qu’il effectuera le saut, mais .. quatorze.
Córdoba, 1947
Après le bac (passé sans grand enthousiasme en 1945), Ernesto cherche sa voix. Il voudrait bien devenir ingénieur, comme son père, mais finalement, la mort de sa grand-mère paternelle – vieille dame aux idées progressistes qu’il veilla pendant 17 jours – le convertit à la médecine.
Argentine, 1950
Le 1er janvier, avec une bicyclette qu’il a trafiquée en lui rajoutant un petit moteur, il part pour son premier grand voyage à travers l’Argentine, à la rencontre du petit peuple. Il visite notamment une léproserie. Ce périple de 4 500 km aiguise sa conscience politique.
Amérique du Sud, 1952
Il n’a pas encore son diplôme de médecin en poche et pourtant, le 2 janvier 1952, Ernesto va entreprendre avec son ami Alberto Granado, de six ans son aîné, un voyage de huit mois à travers le continent sud-américain, visitant successivement le Chili, le Pérou, le Brésil, la Colombie et le Venezuela.
Amérique du Sud, 1953
A peine son diplôme de medico en poche, il repart. Cette fois-ci en train. Bolivie, Pérou, Equateur, puis Panama, Costa Rica, Honduras, Guatemala. C’est dans ce dernier pays – où il séjourne quelques temps – qu’il rencontre Hilda Gadea, une jeune péruvienne de 28 ans qui deviendra sa femme deux ans plus tard et qui lui donnera son premier enfant, Hilda Beatriz.
Guatemala, 1954
Après le coup d’Etat de juin 1954 qui renverse le président du Guatemala, Jacobo Arbenz, et la terrible répression qui s’ensuit – 9000 tués ou emprisonnés – Ernesto doit fuir au Mexique.
Mexico, 1955
C’est dans la matinée du 10 juillet que va avoir lieu la première rencontre avec Fidel Castro, jeune et brillant avocat de 29 ans, qui a fui Cuba après l’assaut manqué de la caserne Moncada, à Santiago de Cuba le 26 juillet 1953. Entre les deux hommes, le courant passe. Ils ont en commun un idéal de justice et une haine rageuse contre l’impérialisme qui oppresse les peuples défavorisés. Ernesto va suivre son aîné dans sa guerre de libération.
Après sa rencontre avec Castro, le Che se met au service de la révolution cubaine.
La libération de Cuba
APRES PLUS D’UNE ANNEE passée en préparatifs militaires, récolte de fonds auprès d’exilés cubains à Miami, et accessoirement un petit passage dans les geôles mexicaines, Fidel et ses troupes sont prêts à se lancer à l’assaut de Cuba, tenu par le dictateur Fulgencio Batista. Celui que désormais les cubains appellent « el Che » est à leur coté, pas seulement comme médecin, mais bien comme combattant à part entière.
Tuxpán, (Mexique), 1956
Le 25 novembre, ils sont 82 « rebelles » à embarquer à bord du Granma, un yacht de 19 mètres qui n’a pas navigué depuis plusieurs années. Fidel a prévu de rejoindre Cuba en trois jours. Malades, épuisés, affamés, il faudra sept jours aux liberatores pour rallier la côte est de l’île.
Los Cayuelos (Cuba), 2 décembre 1956
Le Granma accoste, ou plus exactement s’échoue dans les marais de Los Cayuelos, dans la province d’Oriente. Impossible de gagner la terre ferme avec le matériel lourd. Celui-ci est laissé sur place.
Un caboteur aperçoit le groupe et donne l’alerte. Le lendemain, Castro et ses hommes se font surprendre à Alegria (Allégresse) de Pio. C’est la débandade chez les rebelles dont une grande partie est capturée ou exécutée sur place.
Fin décembre 1956, le Che a rejoint Fidel dont il s’est trouvé séparé dès le début des échauffourées. Le bilan est lourd. Des 82 guérilleros déterminés qui ont pris pied sur le Granma, il ne reste qu’une bande de 19 « rebelles », plus va-nu-pieds que liberatores.
En face, Batista dispose d’une armée de 47 000 hommes bien entraînés, disposant de matériel lourd, d’une aviation moderne et d’une infrastructure logistique importante. C’est David contre Goliath. Pourtant, dans deux ans, Goliath sera terrassé.
Sierra Maestra (Cuba), fin 1956
Au sud-Est de l’île dans la province d’Oriente, il existe une petite chaîne montagneuse, dont les sommets n’excèdent pas 2 000 m : la Sierra Maestra. Elle va devenir le repaire des troupes castristes qui organiseront la résistance, préparant les coups de force contre les casernes et les détachements de l’armée batistaine.
Río de la Plata (Cuba), 17 janvier 1957
Très rapidement, en ce début d’année 1957, l’armée rebelle lance sa première offensive contre une garnison en bord de mer. Pour l’Argentin asthmatique, c’est le baptême du feu. Les gardes se rendent, mais chose inhabituelle dans ce genre d’aventure, les prisonniers ne sont pas exécutés. Cette première victoire redonne le moral aux troupes.
Sierra Maestra (Cuba), 1957
Ernesto se montre un organisateur remarquable. Il dirige, du haut de la Sierra Maestra, une école, un magasin de chaussures, une armurerie et même une imprimerie et une radio.
Quand il troque le stylo ou le micro pour le pistolet automatique, il devient alors un combattant redoutable, un chevalier « sans peur et sans reproches ».
A tel point qu’en quelques mois, le bruit court à travers toute l’île qu’il existe parmi les rebelles un médecin argentin qui se bat comme un forcené, soigne les pauvres et refuse qu’on achève les ennemis blessés. La légende du guérillero heroïco est en train de naître.
Sierra Maestra (Cuba), juillet 1957
Le 21 juillet, le Che est nommé Comandante, la plus haute distinction de l’armée rebelle. Il devient ainsi l’équivalent de Castro. On lui remet la petite étoile dorée qu’il arborera désormais sur son célèbre béret.
La Havane (Cuba), avril 1958
Batista est bien décidé à en finir. Il mobilise dix mille hommes, soit 14 bataillons avec chars, camions et le soutien de l’aviation, pour une opération appelée « Fin de Fidel ».
Mais Fidel est passé à l’offensive. Il faut dire que son armée s’est un peu étoffée. Il compte désormais plus de 300 barbudos (barbus car presque tous ne se rasent plus) prêts à tout. De plus, il sait qu’il peut compter sur le soutien de la population.
Sierra Maestra (Cuba), été 1958
Le Che reçoit le commandement de la Ocho (colonne n° 8) et s’apprête à marcher vers l’ouest. Quelques semaines plus tard, la Ocho aura libéré un territoire de plus de huit mille kilomètres carrés. Les armées rebelles ouvrent des fronts tous azimuts.
La Havane (Cuba), janvier 1959
Devant l’échec de sa contre-offensive, le dictateur Batista est contraint à l’exil. Le 1er janvier, il s’envole pour Saint Domingue. Une semaine plus tard, le Che est aux portes de la Havane. C’est Camilio Cienfuegos, son meilleur ami depuis l’aventure cubaine, qui est chargé d’obtenir la reddition de la capitale.
Ministre, ambassadeur... et guérillero
En ce début d’année 1959, Ernesto Guevara est un homme nouveau. D’abord parce que deux années passées sous le drapeau de la « lutte des peuples opprimés » en ont fait un combattant exemplaire et déjà un mythe vivant. Mais aussi parce qu’il va épouser Aleida March, une jeune institutrice reconvertie dans la guérilla qui lui donnera quatre enfants.
La Havane (Cuba), février 1959
Le 10 février, honneur suprême pour le combattant héroïque de la Sierra Maestra, l’étranger au drôle d’accent reçoit la nationalité cubaine.
La Havane (Cuba), juin 1959
Au cours des mois qui suivent la chute du régime corrompu de Batista, le Che ne chôme pas. En juin, Fidel Castro le nomme ambassadeur plénipotentiaire de Cuba. Quelques jours plus tard, il s’envole pour le premier de ses voyages diplomatiques qui le conduira à travers pas moins de 12 pays du tiers-monde.
Cuba, octobre 1959
Le 26 octobre, Camilio Cienfuegos – l’homme au chapeau de Texan – disparaît. Son avion s’est abîmé en mer. Accident, attentat ? Les rumeurs vont bon train. Même les plus invraisemblables, comme celle qui accuse Fidel d’avoir éliminé un de ses « barons » les plus prestigieux qui risquait de lui faire de l’ombre. La disparition de l’ami, du frère, touche Ernesto au plus profond.
La Havane, novembre 1959
Le 26, Guevara est nommé président de la Banque Centrale, lui qui a un mépris souverain de l’argent. Lors d’une réunion, Fidel a demandé à l’assistance : « Y a-t-il un économiste ici ? ». Le Che a levé la main, il a entendu : « Y a-t-il un communiste ? ».
Playa Girón (Cuba) avril 1961
Mi-avril s’ouvre une crise qui aurait pu être fatale au jeune État. Le 17, 1500 hommes – pour la plupart des Cubains en exil, hostiles à Castro – débarquent dans la Baie des Cochons (Playa Girón) au sud-Est de la Havane. Il faut moins de 72 heures aux milices populaires cubaines pour écraser la tentative d’invasion. 114 mercenaires sont tués, plus de mille sont fait prisonniers. Le Che se blesse accidentellement.
Washington, Moscou, octobre 1962
Le 22 octobre, le monde est au bord de la guerre atomique. Quelques jours plus tôt, un avion américain a photographié sur des sites cubains, des rampes de missiles SAM soviétiques pointées vers les Etats-Unis. Devant la détermination de Kennedy, l’ours soviétique bat en retraite le 29. Le Che ressent comme un coup de couteau dans le dos l’attitude du « grand frère » marxiste qui n’a pas informé les dirigeants cubains de son désengagement.
1963 – 1964
Les deux années suivantes amorcent une crise qui n’ira qu’en s’amplifiant. Le blocus américain – de plus en plus strict – et les erreurs de stratégie économique plongent le pays dans une pénurie sans précédent. De nombreux produits disparaissent du marché, d’autres sont rationnés.
A partir de 1964, le Che reprend ses voyages à travers le monde. Il devient l’ambassadeur itinérant de Cuba et le porte-parole de Castro.
Alger, 24 février 1965
Devant les délégués de 35 pays « amis », dont l’URSS, le Che prononce un discours virulent à l’encontre 3des pays socialistes [qui] sont […] complices de l’exploitation capitaliste ». L’Union soviétique, à qui s’adresse indirectement cette diatribe, reçoit le camouflet sans broncher.
La Havane, 14 mars 1965
C’est la dernière apparition en public d’Ernesto « Che » Guevara. A peine est-il rentré de son voyage que Castro s’enferme avec lui pour une longue et secrète explication. Que se disent les deux barbudos pendant près de 40 heures ? Personne ne le sait. Toujours est-il qu’une semaine plus tard, Ernesto disparaît complètement de la scène politique.
Congo, avril-novembre 1965
Accompagné de 350 à 400 hommes bien entraînés, le Che réapparaît au Congo un mois plus tard. Il veut y ouvrir un nouveau front révolutionnaire. Mais l’aventure congolaise va bientôt tourner court. Privées de ravitaillement, épuisées par les maladies tropicales, soumises aux bombardements de l’armée régulière, les troupes du Che doivent se retirer dans la nuit du 21 novembre 1965. Le combattant héroïque de la Sierra Maestra signe là son premier échec.
